22 avril 2017

Paul Rondin : « Le mécénat est le cheval de Troie des groupes privés » | Lemonde.fr

Paul Rondin est, au Festival d’Avignon, le bras droit d’Olivier Py, avec le titre de directeur délégué. Comme beaucoup dans le théâtre public, il s’inquiète de la récente montée en puissance du privé dans le spectacle vivant, et d’un certain abandon du terrain par la puissance publique.

Dans le domaine du spectacle vivant, le privé intervient-il principalement sous la forme du mécénat ?

Pas uniquement. Je dirais plutôt que le mécénat serait le cheval de Troie : il a permis à des groupes privés de mettre un pied très honorable dans la culture – certains avec une vraie démarche socio-culturelle. Je n’ai rien contre le mécénat, nous y faisons appel à Avignon et nous sommes bien contents de ces apports. Cela n’empêche pas que la question du service public se pose. Et que l’on doit se demander pourquoi certaines fondations ou mécènes investissent depuis quelque temps le champ du spectacle vivant. Dans les arts visuels, on peut comprendre : c’est un vrai marché, et c’est assumé. Mais pourquoi ce besoin de visibilité de certains groupes ?

A qui pensez-vous ?

Fimalac est à mon sens le cheval de Troie par excellence. Leur Fondation Culture & Diversité est tout à fait respectable, et a fait des choses formidables pour les jeunes qui en ont bénéficié. Mais d’emblée, j’ai trouvé étrange que cette fondation se montre à ce point dans les lieux de spectacle vivant. Et on s’est aperçu assez vite qu’en parallèle, une fois la crédibilité acquise grâce à la fondation, il y avait derrière une vraie construction, une vraie stratégie industrielle, qui en plus est redoutable, car elle est verticale : l’activité va de l’édition à la billetterie – de l’origine même du spectacle, sa production, à sa diffusion et son exploitation.

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