4 avril 2017

Les festivals à l’épreuve du business | Letemps.ch

En dix ans, le marché de la musique live s’est profondément modifié sous l’impulsion de la société américaine Live Nation, qui travaille sur un modèle à 360 degrés, avec au final un risque d’uniformisation des grands festivals. A Paléo et au Montreux Jazz, on suit de près cette évolution

Tom Jones, Usher et Grace Jones au Montreux Jazz Festival (MFJ), Red Hot Chili Peppers, Jamiroquai et Renaud au Paléo. Les grands festivals romands viennent de dévoiler de belles têtes d’affiche. Mais chaque année, le business de la musique live est plus tendu encore. Depuis dix-quinze ans, les cachets demandés sont en hausse permanente afin de compenser l’effondrement des ventes de disques. A cela s’ajoute une nouvelle menace: une concentration de l’offre sans précédent due au développement de plusieurs sociétés américaines, dont Live Nation, qui tente de contrôler tous les secteurs de la branche, tout en mettant sous contrat exclusif de nombreux artistes. Ce qui pose cette question: est-ce que le MJF et le Paléo parviendront à garantir leur indépendance, et surtout pourront-ils continuer à attirer de grandes têtes d’affiche?

Jacques Monnier, cofondateur et programmateur du Paléo, résume ainsi la donne: «Avant, un artiste chantait, une maison de disques le produisait, un manageur gérait sa carrière et un agent s’occupait de le faire tourner. Puis, avec l’arrivée d’un groupe comme Live Nation, une concentration s’est faite. La société est puissante, cotée en bourse, et souhaite mondialiser un secteur qui était compartimenté, avec des métiers différents. Ils proposent aux artistes de gérer l’entier de leurs activités, sur un modèle à 360 degrés: on vous donne beaucoup d’argent et on s’occupe de tout.»

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