16 juillet 2017

Découvrir l’application « Le hipster pâtissier est aujourd’hui plus valorisé que le cadre sup’ de la Défense » | Lemonde.fr

Entretien avec Jean-Laurent Cassely, auteur de « La Révolte des premiers de la classe », sur ces jeunes diplômés d’HEC ou de Sciences Po qui passent un CAP.

Jean-Laurent Cassely, journaliste, s’est intéressé à décrypter les choix d’une minorité de jeunes surdiplômés en rupture avec les codes de l’entreprise et mus par l’envie de faire quelque chose de leurs mains et en dehors des open spaces. Un épiphénomène qui révèle le malaise d’une génération et dont il a tiré un livre, La Révolte des premiers de la classe. Entretien.

Quand avez-vous perçu les premiers signaux de cette « révolte des premiers de la classe » ?

J’ai commencé à travailler sur le sujet il y a quatre ans, en récoltant des témoignages dans mon entourage, des coupures de presse, notamment dans les magazines féminins et dans les publications professionnelles. Les reconversions radicales sont devenues une sorte de marronnier journalistique, les récits ou portraits de cadres en attaché-case ou d’executive women de la Défense qui passent un CAP cuisine ou deviennent fromagers font rêver les lecteurs et sont toujours très lus.

Ce qui m’intéressait dans ce phénomène était ce qui semblait être un début d’inversion des critères de prestige scolaire et professionnel. J’ai grandi comme tout le monde avec l’idée que plus on était fort à l’école, plus on s’éloignait des métiers manuels pour aller vers des fonctions dans lesquelles l’abstraction était reine.

Or, avec ces diplômés, on avait affaire à des gens qui possédaient tous les titres de la réussite scolaire traditionnelle et qui décidaient de se réorienter et de se « déclasser », puisque dans notre système éducatif, avoir un bac + 5 puis un CAP n’équivaut pas à un bac + 6, mais est (ou était) vécu comme une forme de régression scolaire, voire une transgression.

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